Une longue histoire de famille

La famille Chaulet est issue de la Côte-sous-le-Vent, terre des plantations de café.
C’est vers 1860, qu’elle acquiert les terres caféières de « Grigne-au-Vent » à Bouillante et produit le café Bonfieur de Guadeloupe.

Le café bonifieur de Guadeloupe, l’Arabica bourbon pointu, acquiert une célébrité dans le monde pour son arôme unique. Il est utilisé pour « bonifier » les autres cafés.

La famille Chaulet plante et torréfie le café de façon artisanale depuis ses débuts.

Ci-contre, Léon Chaulet, héritier des plantations familiales Grigne au Vent, créateur de la Torréfaction Café Chaulet en 1955.

La plantation de café Grigne au Vent

La plantation Grigne au Vent est située sur les hauteurs de Bouillante; le café cultivé est le Bourbon Pointu, l’Arabica Bonifieur de Guadeloupe. La plantation est de type jardin créole où se mélangent cultures à l’exportation -le café, le cacao, la vanille- et cultures nourricières, comme les bananiers, manguiers, agrumes, fruits à pain ou encore les nombreuses racines.

Le café a une saison, sa floraison se situe de février à avril et sa récolte d’octobre à janvier. Le Café Chaulet respecte la tradition de la récolte par picking, cette méthode couteuse en main d’œuvre et en temps, permet de récolter à la main chaque grain à sa maturité parfaite et ainsi de garantir la meilleure qualité possible du café récolté.

Botanique du caféier

Sur une soixantaine d’espèces, deux dominent le commerce mondial, le Coffea arabica, plus simplement nommé Arabica, et le Coffea canephora communément appelé Robusta, variété la plus répandue.
Le caféier Coffea appartient à la famille des Rubiacées. C’est un arbuste au tronc droit qui vit environ 70 ans. Les premières fleurs qui rappellent celle du jasmin apparaissent à l’âge de 3 ans mais la production n’est rentable qu’à partir de la cinquième année.
Il semble que l’arbuste Coffea arabica soit originaire de la région de Kaffa en Abyssinie (l’actuelle Ethiopie).

Les feuilles
Le caféier possède un feuillage persistant. Elles sont vertes et luisantes sur leur face supérieure. Comme chez toutes les Rubiacées, les feuilles poussent en paires opposées le long de la tige. Les feuilles du robusta sont beaucoup plus grandes que celles de l’arabica.

L’Arabica
Les marchands hollandais ont propagé l’arabica de l’Abyssinie (l’actuelle Éthiopie) et du Yémen à Java, puis un Français, le capitaine de Clieu, l’implanta dans la zone Caraïbe et notamment en Guadeloupe.
L’Arabica craint l’exposition directe au soleil. Autrefois, ils étaient souvent cultivés avec le « Pois doux » mais aussi le cacaoyer. Aujourd’hui les bananiers jouent ce rôle protecteur. A l’état naturel, il peut atteindre 5 à 6 m de haut. On l’étête pour faciliter sa culture, et notamment la récolte. L’arabica est autogame. Chaque plant s’auto-fertilise. Des variétés sont nées soit de l’adaptation à différentes terres, soit par hybridation.

Certaines ont conquis de nombreuses zones de culture, telles le Moka, au goût très fruité ; le Bourbon apparu sur l’île Maurice ou le Maragogype né dans la ville du même nom, près de Bahia au Brésil, ou encore le Typica.
Les Arabica sont cultivés sur le continent américain (Amérique centrale et du Sud, zone Caraïbe), sur la côte Est de l’Afrique, en Inde et en Papouasie Nouvelle Guinée. Bien que d’une culture plus délicate que celle du Robusta, l’autre espèce dominante, les Arabicas représentent les trois quarts de la production mondiale.

Zones de culture
Le café se cultive autour de l’équateur, entre les tropiques du Cancer et du Capricorne. Les limites de sa production sont 25° Nord et 30° Sud. Il peut prospérer jusqu’à une altitude de 2 000 mètres au dessus du niveau de la mer, mais il ne fleurit pas lorsque la température est inférieure à +15° Celsius.
En fait, les caféiers, et surtout les arabica, exigent des températures entre 17 et 23°, sans écarts importants. Un sol riche en humus et en azote est essentiel à l’équilibre des fonctions végétatives du caféier.

Pour une culture sans irrigation, les pluies doivent être abondantes, de 1 500 à 2 000 mm sur 8 mois. Les caféiers Arabica sont parmi les rares plantes de grande culture dont on se soucie de réduire la lumière. Ils souffrent en effet d’une trop franche exposition au soleil. Enfin, le caféier n’aime pas le vent.

Le Bonfieur du Café Chaulet

Après la récolte le café Bonifieur est traité au Musée du Café, siège du Café Chaulet.
Pour mériter son titre de Bonifieur de Guadeloupe, le café récolté doit suivre une méthode artisanale stricte.
Il est d’abord décerisé, puis fermenté, ensuite rincé et séché pour enfin être décortiqué.
Chaque étape est précise et le café vert obtenu est encore une fois trié.

Découvrir toute la méthode ainsi que la torréfaction sur cette page.

Passé et futur du Bonifieur de Guadeloupe

L’Arabica Bourbon Pointu a été introduit par de Clieu vers 1745. Le café produit aux Antilles issu de cet Arabica est classé parmi les meilleurs du monde. La culture de ce café a eu une grande heure de gloire mondiale pour son goût unique, réputé pour « bonifier » des cafés moins goûteux, mais le coût de la main d’œuvre a fait chuter la production.
Les plantations sont toujours présentes en Côte sous le Vent et plusieurs perpétuent cette tradition de sélection et préparation fine du café.
Le Bonifieur de Guadeloupe reste un café demandé par les plus grands connaisseurs du monde entier. Les planteurs, comme la famille Chaulet, entendent bien lui rendre sa prestance d’antan.